Genèse Luxuriants décombres

 

«Au vingtième siècle les savants disaient que la vie était due à un concours de circonstance et que l’ordre était né du chaos et ils ne croyaient pas à une création du monde vieille de six mille ans comme l’avait relatée la tradition chrétienne. Et les astrophysiciens disaient que tout était question de quarks et d’atomes et de gaz et que l’univers était vieux de quinze milliards d’années ou un peu plus et qu’il était en expansion constante mais ils ne savaient pas s’il continuerait à se dilater indéfiniment ou s’il ne se mettrait à rétrécir pour enfin exploser. Les gens qui continuaient à croire en Dieu disaient que l’homme descendait peut-être du singe et des quarks et des atomes et des gaz mais qu’en définitive cela ne changeait rien parce qu’il avait bien fallu que quelqu’un crée les singes et les quarks. Et que la question n’était pas de savoir si l’univers était apparu six mille ou quinze milliards d’années plus tôt mais ce qu’il y avait avant et là-dessus la science n’avait aucune réponse. Les astrophysiciens disaient qu’avant il n’y avait rien et les gens qui croyaient en Dieu disaient que c’était justement ce que disait la Bible.»

Patrick ourednik
Europeana, Une brève histoire du Xxe siècle
Ed Allia

 

 

 

LUXURIANTS DÉCOMBRES interroge, détourne et régurgite l’imaginaire lié à l’espace et aux aventures spatiales.
L’espace est toujours une question d’images et de sons, seuls les astronautes le vivent comme une expérience physique. La perception des espaces extra-terrestres nous parvient uniquement par les images et les sons que nous renvoient les télescopes, les radars, les sondes ou les stations orbitales, par ces médiums s’est développé et se développe, au fil de l’évolution des technologies, une préhension audio-visuelle, un imaginaire collectif partageable et universel, une culture planétaire.
LUXURIANTS DÉCOMBRES plonge au cœur de cet imaginaire à grand fracas de références sonores, musicales et visuelles, les détourne, les malmène, les mixe, leur fait rendre l’âme dans un jubilatoire chaos propre à questionner l’immense paradoxe de l’évolution, cette quête, cette grandeur et cette indispensable folie des hommes à chercher toujours plus loin une raison à leur devenir.

 

 

 

Des petits hommes verts habitent une planète rouge et envahissent la terre, on dit que ce sont des Martiens.
Et Mars est le dieu de la guerre fils de Jupiter et de Junon et aussi la quatrième planète du système solaire et aussi une barre chocolatée qui donne du tonus et aussi un papillon diurne.
Et l’espace est une poubelle, un cimetière ou flottent les débris des engins spatiaux inutilisables, et l’éboueur n’est pas encore passé.
Et l’espace est une énigme qui chaque jour révèle un peu plus de ses mystères.
Et l’espace est beau à regarder et passionne et fait rêver les habitants d’une de ses planètes.
Et la séquence du premier pas sur la Lune de Niels Amstrong a été tourner en studio par Stanley Kubrick.
Et l’espace fut, est et sera un enjeu des politiques nationales et internationales.
Et les étoiles ont toutes un noms ou un numéro.